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Photographie : Stefan Hoareau - Tous droits réservés


(Français en dessous)


INTRODUCTION

I have been doing etching, lithography and painting since my earliest childhood. These disciplines complement each other, since the graphic arts bring rigour to one’s work and painting a sense of freedom.

I come from Ukraine, a country in the former USSR where classical techniques are still taught in schools and I grew up in a family of artists. I studied in circles where I was kept informed about the social and cultural changes in the world. I have a very pronounced taste for films, rock music and literature. I am naturally part of this post-modern age we live in where popular art, drawing nourishment from high art, has become exceedingly sophisticated.

For each new painting, my point of departure is a series of questions that were left unresolved when I completed the previous one. This first state is one of confusion, a strange impression of having lost the thread. Several pages covered in sketches that contain no real leads and are generally of no use. Then finally the right rough sketch, the right idea emerges and the thread is restored. Then comes the work on the canvas, followed by a sort of frenzy. Tones, technique and information intermingle. Eagerness gives way to reason, to restraint, to a long series of coming and goings between doing and looking, until a balance is reached. Once all the elements are in place, an accent, a distinctive characteristic still needs to be found, a surprise that will render the work unique and complete.

My characters exist less for their human properties than for their sculptural quality. The attitudes they adopt in my works are at the service of the composition and the rhythm. The foreground of sculptures in action creates a break in the accumulation of information. Constructing a completely realistic or fantastic scene is of less importance to me than revealing a subtle arrangement of the zones and the planes.

I take the mechanisms of reality as my inspiration and, although I do not reproduce all their workings, they form the basis of my imaginary world. At first sight, what strikes the eye is a series of objects set in a subtle fantasy scene, but if one looks more closely at the work, for example by isolating one particular detail from the rest of the painting, one’s eye will be guided from these familiar objects through a variety of plastic experiences.

The small story the painting tells, the viewer’s identification with it, the role-play, all of these fade into variations on the theme, a sweet obsession of mine. This theme unfolds throughout the exhibition like a collection of scenes in which fragmented harmony, controlled disorder and childhood memories blend and blur into each other to create a multitude of references and interpretations.


Interview by Bérangère Maximin
3rd October 2007

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(Français)

INTRODUCTION

Je pratique le dessin, l’eau forte, la lithographie et la peinture depuis ma prime enfance. Ces disciplines sont complémentaires, les arts graphiques entretenant une rigueur, la peinture, un esprit de liberté.

Je viens d’Ukraine, un des pays d’ex-Urss où les techniques classiques sont toujours enseignées dans les écoles et j’ai grandi dans une famille d’artistes. J’ai évolué dans un cercle qui m’a tenu informé des mutations sociales et culturelles du Monde. Je possède un goût prononcé pour les arts tels que le cinéma, la musique rock et la littérature. J’adhère naturellement à cette époque post-moderne où l’art populaire nourri des trouvailles savantes a atteint un haut degré de sophistication.

A chaque tableau, je repars d’une série de questionnements restés en suspens à l’achèvement du précédent. Premier état : une sensation confuse, une étrange impression d’avoir perdu le fil. Les esquisses étalées sur plusieurs pages n’amènent rien, ne servent généralement pas. Puis enfin le bon croquis, la bonne idée surgit, le fil est renoué. Puis vient le travail sur la toile, une sorte de frénésie survient ensuite. Les tons, les factures, les informations opèrent des croisements. Cet empressement fait place au raisonnement, à une retenue, à de longs allers et retours entre le faire et le voir, jusqu’à parvenir à un équilibre. Une fois l’ensemble des éléments disposés, encore faut-il trouver un accent, une particularité, une surprise qui rendra l’œuvre unique et ainsi achevée.

Mes personnages existent moins pour ce qu’ils représentent d’humain que pour ce qu’ils possèdent de sculptural. Les attitudes qu’ils ont dans mes œuvres servent à la composition et la rythmique. Ces monolithes viennent en contraste sur un arrière plan tout en détail. Ce premier plan de sculptures en action sert de pause entre des accumulations d’informations.

Construire une scène complète réaliste ou fantastique m’importe moins que de faire apparaître un assemblage subtil des zones et des plans entre eux.
Je m’inspire des mécanismes du réel sans en reproduire tous les rouages, ils forment un socle à mon imaginaire. Un coup d’œil rapide fera voir une série d’objets dans une scène finement fantaisiste, alors qu’un examen plus attentif de l’œuvre par exemple en isolant un détail du reste de la toile, guidera l’œil de ces objets reconnus vers nombres d’expériences plastiques.

La petite histoire du tableau, l’identification du regardeur, le jeu de rôle se dilue dans des variations du thème, une douce obsession. Il se déploie dans l’espace d’exposition telle une collection de scènes où harmonie fragmentée, désordre contrôlé, et évocations enfantines, se mêlent et se fondent dans une multitude de renvois et d’interprétations.


Propos receuillis par Bérangère Maximin,
le 3 octobre 2007.